Homélie, jeudi de la 34ème semaine du Temps ordinaire

28 novembre 2024

Tenir ferme, l'espoir et le cœur dans le ciel

Aujourd’hui, devant un autre passage apocalyptique de l’évangile, Gustavo Adolfo Garay Ortega nous livre un message plein d’espérance qui nous exhorte à garder courage et foi dans les moments difficiles.

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Commentaire

L’année liturgique est sur le point de se terminer et une autre commencera bientôt. Ces derniers jours, les textes bibliques peuvent sembler un peu répétitifs avec leurs invitations à rester vigilants et à discerner les signes de la fin du monde. Cependant, il faut se rappeler qu’historiquement, dans ces passages, c’est le moment où Jésus prépare ses disciples à des temps très difficiles, entre autres ceux de sa Passion.

Les paroles de Jésus à propos de la dévastation de la Ville Sainte ont certainement provoqué la crainte chez ses auditeurs. Même nous, comme lecteurs, pouvons ressentir une certaine anxiété face à une telle prophétie, et cela même si nous savons que saint Luc aurait eu en tête des événements qui ont déjà eu lieu, c’est-à-dire la destruction de Jérusalem par les Romains. Comprendre ce type de texte n’est pas toujours évident. Cependant, les dernières paroles de Jésus nous donnent la clé de lecture pour comprendre ce qu’il veut nous enseigner : « Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche ».

Comme croyants, nous désirons rencontrer le Christ dans l’éternité, nous désirons participer à son Règne dont son amour et sa miséricorde sont les signes. Face à cette hâte de le voir revenir qui peut envahir nos esprits, le Christ nous exhorte à rester vigilants dans notre attitude. L’important n’est pas seulement d’espérer ; c’est de quelle manière nous espérons !

Jésus donne cette consigne à ses disciples : « redressez-vous ». C’est-à-dire qu’il nous exhorte à garder courage. Un de mes mots préférés du français est justement le mot « courage », car il n’a pas la même connotation et définition en espagnol. Pour mieux le comprendre, un frère dominicain m’expliquait que le courage est comme tenir les pieds fermes sur le sol, mais avec, en même temps, l’espoir et le cœur dans le ciel. Pour la littérature apocalyptique, comme notre passage évangélique du jour, le courage signifie donc bel et bien l’espérance fixée sur la vie à venir sans perdre contact avec la réalité du présent. Ici, le courage me fait plus penser à une expérience de foi qu’à une manière de se concentrer sur nos efforts purement humains. « Redressez-vous » est pour moi un « gardez courage », « ayez la foi », « croyez à la Parole qui s’accomplira en temps et lieu ».

Dans le même élan, « relevez la tête » signifie regarder vers de nouveaux horizons, se souvenir que le soleil est toujours là, derrière les nuages ou la pluie qui le cachent. C’est patienter, rester en attente ou en position de ressuscités, bien affermis dans la foi. Seul celui qui croît sera capable de voir l’incessante nouveauté de la Parole et de persévérer dans l’annonce de cette Bonne Nouvelle. Si devant les difficultés ou l’imminence de la fin nous perdons l’espérance, c’est parce que nos certitudes ne sont pas pleinement ancrées dans la Parole, mais plutôt dans des critères humains.

C’est de par notre fragilité que nous pouvons nous abandonner à Dieu ; demandons le courage pour nous redresser, lever la tête, être remplis d’espérance, affronter le quotidien sans oublier que Dieu marche à nos côtés et tenir bon dans la foi, car notre rédemption approche.

Gustavo Adolfo Garay Ortega

 

PRIÈRE

Seigneur Dieu, source de tout bien,
réponds sans te lasser à notre appel :
inspire-nous de discerner ce qui est juste
et dirige-nous pour que nous puissions l’accomplir.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
lui qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.