21 mai 2024
Qui est le plus important?
Aujourd’hui, Gustavo Adolfo Garay Ortega nous montre comment, devant l’incompréhension et la frustration de ses disciples, Jésus les ramène au cœur-même de son Message avec l’image d’amour très parlante de l’accueil d’un enfant.

LETTRE DE SAINT JACQUES (4, 1-10)
Bien-aimés, d’où viennent les guerres, d’où viennent les conflits entre vous ? N’est-ce pas justement de tous ces désirs qui mènent leur combat en vous-mêmes ? Vous êtes pleins de convoitises et vous n’obtenez rien, alors vous tuez ; vous êtes jaloux et vous n’arrivez pas à vos fins, alors vous entrez en conflit et vous faites la guerre. Vous n’obtenez rien parce que vous ne demandez pas ; vous demandez, mais vous ne recevez rien ; en effet, vos demandes sont mauvaises, puisque c’est pour tout dépenser en plaisirs. Adultères que vous êtes ! Ne savez-vous pas que l’amour pour le monde rend ennemi de Dieu ? Donc celui qui veut être ami du monde se pose en ennemi de Dieu.
Ou bien pensez-vous que l’Écriture parle pour rien quand elle dit : Dieu veille jalousement sur l’Esprit qu’il a fait habiter en nous ? Dieu ne nous donne-t-il pas une grâce plus grande encore ? C’est ce que dit l’Écriture : Dieu s’oppose aux orgueilleux, aux humbles il accorde sa grâce. Soumettez-vous donc à Dieu, et résistez au diable : il s’enfuira loin de vous. Approchez-vous de Dieu, et lui s’approchera de vous. Pécheurs, enlevez la souillure de vos mains ; esprits doubles, purifiez vos cœurs. Reconnaissez votre misère, prenez le deuil et pleurez ; que votre rire se change en deuil et votre joie en accablement. Abaissez-vous devant le Seigneur, et il vous élèvera.
ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT MARC (9, 30-37)
En ce temps-là, Jésus traversait la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait pas qu’on le sache, car il enseignait ses disciples en leur disant : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. » Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l’interroger.
Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demanda : « De quoi discutiez-vous en chemin ? » Ils se taisaient, car, en chemin, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »
Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit : « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. ».
Commentaire
Nous reprenons le temps dit « ordinaire » et la lecture de l’évangile selon saint Marc. Nous sommes au chapitre 9 (30-37), où l’évangéliste nous invite à réfléchir sur la foi et l’engagement. Celui-ci commence par la transfiguration de Jésus sur la montagne en présence de Pierre, Jacques et Jean. Ensuite, en rejoignant les autres disciples, Jésus sera interpellé et guérira un enfant possédé par un esprit impur qui le rendait sourd et muet. Le père de l’enfant utilisera alors une expression qui reflète le cheminement de foi de tout croyant : « Je crois ! Viens au secours de mon manque de foi ! » (v. 24) Et finalement, nous sommes maintenant sur le chemin vers Capharnaüm, traversant la Galilée en toute discrétion, car Jésus enseigne aux douze et leur annonce, pour la deuxième fois, le mystère de sa passion, de sa mort et de sa résurrection.
Après un échec personnel dans leur tentative de purifier l’enfant eux-mêmes, suivi de l’annonce de la passion souffrante de Jésus, l’évangéliste souligne l’incompréhension des disciples et même la peur de l’interroger à ce propos. On les voit se concentrer non pas sur le mystère du Fils de l’homme mais, au contraire, rester coincés sur une conjecture très humaine sur laquelle ils espèrent avoir encore un certain contrôle : « Qui est le plus grand entre eux? ». C’est d’autant plus normal que Jésus venait de partager une expérience privilégiée avec seulement trois d’entre eux au sommet de la montagne. En plus du stress et de l’incompréhension, la jalousie commençait probablement à s’installer. (Ou même le désir du pouvoir, qui sait !)
Alors, Jésus remet les pendules à l’heure dans le groupe. Cette question de prestige ne devrait pas se poser entre les disciples du Christ ; l’humilité et le service aux autres doivent être valorisés en premier lieu. Ainsi, en plaçant un enfant au milieu des Douze, il leur dit cette phrase très connue dans le langage chrétien : « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé ».
Il existe beaucoup de prédications à propos de l’accueil d’un enfant au nom de Jésus ! Ce qui m’interpelle ici c’est le mot « accueille » qui revient quatre fois dans un seul verset ; et ce qui m’émeut encore davantage c’est la façon très intime dont Jésus exprime son affection pour l’enfant en l’embrassant devant ses amis, ses messagers, ses représentants. Les disciples ont sûrement vécu un choc, car cet enseignement va à l’encontre de leurs attentes et des désirs très humains qu’ils ont manifestés mais qui n’auraient pas tenu la route sur le long terme.
J’en déduis ici que ce qui est au centre de la Bonne Nouvelle du Christ c’est le message et non pas le messager ; ce qui est vraiment important dans le Règne de Dieu c’est que le croyant découvre et fasse découvrir le visage d’amour de Jésus et de Celui qui l’a envoyé, le Père miséricordieux.
Après tout, la logique du Dieu de Jésus et son idéal pour les humains sont tout autres : le service et l’humilité où les autres, principalement les marginaux de notre société (comme l’étaient les enfants à leur époque), sont les plus importants à embrasser et à accueillir dans l’amour du Christ, tandis que la recherche du pouvoir, l’argent ou la notoriété (encore proposée par la société d’aujourd’hui et prônée comme essentielle) n’a pas sa place dans le projet du Règne. Le disciple du Christ doit changer son regard égoïste et son attitude confortable pour témoigner de sa foi; il doit continuellement accueillir et embrasser ceux et celles qui sont dans le besoin. Que le Seigneur nous donne la force pour devenir un jour « le dernier de tous et le serviteur de tous » comme le Christ l’a fait. Que notre engagement à sa suite témoignage de notre foi en Lui.
Gustavo Adolfo Garay Ortega
PRIÈRE
Seigneur Dieu, par toi nous vient la rédemption,
par toi nous est donnée l’adoption filiale ;
dans ta bonté, regarde avec amour tes enfants ;
à ceux qui croient au Christ,
accorde la vraie liberté et la vie éternelle en héritage.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
lui qui vit et règne avec toi, dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.
∞ Amen.