Homélie, mercredi, 2e semaine du Carême

28 février 2024

Être grand, c'est servir les petits

Aujourd’hui, le frère Yvon Pomerleau, O.P., nous explique que, dans le contexte biblique, le terme « serviteur » signifie être dans une relation loyale avec des responsabilités et est un titre d’honneur souvent accordé au Messie ainsi qu’à ceux qui travaillent à l’avènement du Royaume de Dieu par le service des petits.
etre-grand-c-est-servir-les-petits

Homélie

La finale de l’évangile d’aujourd’hui est reprise comme antienne de communion : « Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir … ».

Le verbe « servir » est un verbe très fécond dans le langage courant. Il a engendré au moins trois substantifs, avec des connotations légèrement différentes : il y a le « serveur », le « servant » et le « serviteur ». Pensez au « serveur de table » du restaurant, le « servant de messe » à l’église et le « serviteur du maître » dans une maison bourgeoise. Tous exercent un service des autres mais avec une relation différente avec l’autre, que ce soit le client du restaurant, le prêtre célébrant ou le propriétaire de la maison. On peut distinguer le serviteur du simple travailleur. Alors que l’employé se réfère à un patron, le serviteur a, lui, un maître. Entre le serviteur et son maître, il y a une relation humaine qui déborde le travail. Quelles sont les qualités du bon serviteur? Le bon serviteur est vigilant, disponible, toujours prêt (à l’exemple du bon scout). Il a la confiance de son maître qui lui confie des responsabilités. Enfin, il doit être un bon travailleur, qui ne compte pas son temps.

Dans la Bible, être serviteur de Dieu est un titre d’honneur. C’est un titre que l’on attribue au messie. Le prophète Isaïe parle de l’envoyé de Dieu comme du « serviteur souffrant ». « Devant (Dieu), le serviteur a poussé comme une plante chétive, une racine dans une terre aride ; il était sans apparence ni beauté qui attire nos regards, son aspect n’avait rien pour nous plaire. Méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, il était pareil à celui devant qui on se voile la face ; et nous l’avons méprisé, compté pour rien ». Jésus lui-même se définit comme le serviteur et il le manifeste par un geste éloquent, le lavement des pieds de ses disciples. Ce titre exprime bien le cœur du mystère de Jésus, « venu non pour être servi mais pour servir ».

Marie, la mère de Jésus, se présente comme la « servante du Seigneur ». Jésus rappelle à ses disciples que le serviteur n’est pas plus grand que son maître : « celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur ». Le service de Dieu ne se limite pas au culte rituel mais il s’étend à toute la vie par l’accueil de la volonté de Dieu dans le service des plus petits. D’une manière spéciale, en ce temps de carême, nous sommes appelés à demeurer vigilants dans la prière et en tenue de service pour construire un monde plus juste selon le dessein de Dieu.

N’oublions pas cependant que le Seigneur, tout en convoquant ses disciples à se mettre au service des autres, leur a dit : « Je ne vous appelle plus serviteurs mais amis ».

Fr. Yvon Pomerleau, O.P.

 

PRIÈRE

Garde ta famille, Seigneur :
qu’elle ne cesse de progresser en faisant le bien ;
assure-lui les secours nécessaires en cette vie
pour la conduire,
dans ta bonté, jusqu’aux dons du ciel.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
lui qui vit et règne avec toi
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.