Homélie, mardi, 5e semaine du Temps Ordinaire

6 février 2024

Korbane

Aujourd’hui, le frère Gustave Nsengiyumva, O.P., remet devant nous les réelles priorités du Royaume que Jésus est venu nous enseigner, comme prendre soin de ceux qui sont dans le besoin et honorer son père et sa mère.
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Homélie

« Quand ce peuple s’approche de moi, il m’honore des lèvres ; mais son cœur est éloigné de moi, et la crainte qu’il a de moi n’est qu’un précepte de tradition humaine. » Le reproche Jésus aux scribes et aux pharisiens, c’est cette fixation, ce souci obsédant d’une sainteté extérieure au détriment de la sainteté intérieure. On finit par oublier que la vraie religion est d’abord celle du cœur : « Ce peuple m’honore des lèvres, dit Jésus, mais leur cœur est loin de moi ! »

Pour Jésus, la priorité, ce ne sont pas d’abord des rites, des pratiques à accomplir, mais des personnes à servir et à aimer. Saint Jacques nous le dit en d’autres mots : « Devant Dieu notre Père, la manière pure et irréprochable de pratiquer la religion, c’est de venir en aide aux orphelins et aux veuves dans leur malheur. »

Ce qu’apporte Jésus, c’est un renouveau spirituel qui va consister en un désencombrement, un recentrement sur l’essentiel, et c’est là un enseignement précieux : « Écoutez-moi tous et comprenez bien. Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui pénètre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort du cœur, voilà ce qui rend l’homme impur… C’est du dedans du cœur des hommes que sortent les desseins pervers, débauches, vols, meurtres, méchancetés. »

Il apparaît alors que les vieilles traditions des pharisiens, scribes et autres docteurs de la Loi avaient travesti le vrai sens du quatrième commandement de la loi de Dieu. « En effet, Moïse a dit : ‘Honore ton père et ta mère’ » (Mc 7.10) Le quatrième commandement rappelle aux enfants leurs responsabilités envers leurs parents. Dans la mesure de leurs capacités, ils doivent leur apporter une aide matérielle et morale durant leur vieillesse et pendant les périodes de maladie, d’isolement ou d’inquiétude. Nous avons tous connu nos parents ou nos grands-parents dans cette phase-là de la vie où ils déclinaient et avaient plus que jamais besoin de notre soutien !

Demandons au Seigneur la grâce, en ce jour, de la conversion et du repentir sincère. Qu’il nous aide à chasser de nos vies toute hypocrisie. Que le Dieu d’amour et de miséricorde nous donne de ne jamais manquer d’amour pour nos parents et que nous sachions, par l’exemple de nous-mêmes, transmettre à nos enfants, à nos proches, cette douce « obligation ». « C’est par l’amour que vous aurez les uns pour les autres qu’on vous reconnaitra comme mes disciples ». Que ce commandement du Seigneur devienne pour nous aujourd’hui une douce obligation pour qu’ensemble, comme une grande famille, autour du Père, du Fils et du Saint-Esprit, nous soyons réunis à la table eucharistique.

Fr. Gustave Nsengiyumva, O.P.

 

PRIÈRE

Seigneur Dieu, force de tous les saints,
tu as appelé les saints martyrs Paul Miki et ses compagnons
à entrer dans la vie en passant par la croix ;
accorde-nous, à leur intercession,
la force de garder jusqu’à la mort la foi que nous proclamons.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
lui qui vit et règne avec toi dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.