Homélie, mardi, 4ème Semaine du Temps Ordinaire

31 JANVIER 2023

La foi dans la foi !

Aujourd’hui, le frère André Descôteaux, O.P. nous explique la force de la foi et cette invitation en tout le temps de Jésus à croire seulement sans aucune crainte.

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Homélie

Crois! S’il y a un mot qui résume les deux lectures de ce matin, c’est bien celui-là : CROIS!

Tout d’abord dans l’Évangile, Marc nous présente deux femmes à la limite. En premier lieu, cette femme qui, depuis 12 ans déjà, a des pertes de sang. Une vie qui n’est allée nulle part. À cause de sa maladie, elle n’a pu être mère. Pire encore, elle est impure et exclue de son peuple. Son argent coule d’elle vers la bourse des médecins en pure perte. Ils n’ont pu rien faire si ce n’est la faire souffrir davantage. Elle est à bout.

L’autre femme est une jeune fille en devenir de femme. Elle est maintenant en âge de se marier, mais elle vit quasiment comme une morte. C’est la vie qui s’écoule d’elle.

Deux vies gâchées. Mais, pour les deux, une rencontre décisive. Il a fallu de l’audace pour la femme d’oser toucher le vêtement de Jésus, le rendant impur, mais, pour elle, c’était sa chance, sans doute la dernière.

Ce toucher, Jésus appelle çà de la foi. La foi qui n’a rien à voir avec nos catéchismes ou avec les grandes formules dogmatiques, mais qui est la dernière ressource de la vie quand on est au bout du bout, au fond du fond. C’est cette foi que Jésus révèle à cette femme et qu’il révèle à Jaïre en lui disant : « Ne crains pas, crois seulement ». Crois seulement, même quand ses gens lui disent qu’il n’y a plus rien à faire et qu’il est inutile de déranger le Maître. Crois seulement!

C’est à cette foi que nous invite la lettre aux Hébreux. « Courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée, les yeux fixés sur Jésus, qui est à l’origine et au terme de la foi ». Croire en Jésus pour toujours courir malgré toutes les épreuves, les yeux rivés sur Jésus. Il ne s’agit plus seulement de toucher son vêtement, mais de fixer son regard sur lui pour lui être irrévocablement lié.

Pourquoi? Parce que lui a d’abord fixé son regard sur nous personnellement. Même s’il était entouré par une grande foule, il a senti la main de cette femme toucher son vêtement. « Il a enduré le supplice de la croix, renonçant à la joie » pour que chacun et chacune d’entre nous puisse partager sa joie. Rappelez-vous cette pensée de Pascal : « Je pensais à toi dans mon agonie, j’ai versé telles gouttes de sang pour toi ». Quant à Saint Paul, il écrira « Ce que je vis aujourd’hui dans la chair, je le vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi » (Ga 2, 20). Saint Paul n’écrit pas « je vis dans la foi au Fils de Dieu qui a aimé le monde et s’est livré pour l’humanité » mais pour moi de sorte que je vis ma vie dans la foi en lui seul!

Nous qui n’avons pas résisté jusqu’au sang, en livrant notre vie comme le Seigneur Jésus, ne lâchons pas la foi. Une foi dans la foi, ai-je envie de dire! Quand nous nous sentons épuisés par la maladie ou l’épreuve; quand nous vivons un échec professionnel, pastorale, conjugal, amoureux, amical; quand nous avons épuisé même toute raison de vivre : reste la foi! Reste la puissance de la foi! « Ne crains pas, crois seulement »!

Fr. André Descôteaux, O.P.

PRIÈRE

Seigneur Dieu,
tu as suscité le prêtre saint Jean Bosco
comme un père et un maître pour la jeunesse ;
accorde-nous de brûler du même feu de charité
afin de pouvoir attirer les âmes à toi
et ne servir que toi seul.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.