19 JANVIER 2023
Se tenir prêt à partir !
Aujourd’hui, Gustavo Adolfo Garay Ortega nous explique que Jésus désire avant tout accomplir sa mission d’annoncer le Royaume de Dieu et permettre à tout un chacun de faire l’expérience concrète de son Amour pour créer une relation profonde avec le Père.

LETTRE AUX HÉBREUX (7, 25 – 8, 6)
Frères,
Jésus est capable de sauver d’une manière définitive
ceux qui par lui s’avancent vers Dieu,
car il est toujours vivant
pour intercéder en leur faveur.
C’est bien le grand prêtre qu’il nous fallait :
saint, innocent, immaculé ;
séparé maintenant des pécheurs,
il est désormais plus haut que les cieux.
Il n’a pas besoin, comme les autres grands prêtres,
d’offrir chaque jour des sacrifices,
d’abord pour ses péchés personnels,
puis pour ceux du peuple ;
cela, il l’a fait une fois pour toutes
en s’offrant lui-même.
La loi de Moïse établit comme grands prêtres
des hommes remplis de faiblesse ;
mais la parole du serment divin, qui vient après la Loi,
établit comme grand prêtre le Fils,
conduit pour l’éternité à sa perfection.
Et voici l’essentiel de ce que nous voulons dire :
c’est bien ce grand prêtre-là que nous avons,
lui qui s’est assis à la droite de la Majesté divine dans les cieux,
après avoir accompli le service du véritable Sanctuaire
et de la véritable Tente,
celle qui a été dressée par le Seigneur et non par un homme.
Tout grand prêtre est établi pour offrir
des dons et des sacrifices ;
il était donc nécessaire que notre grand prêtre
ait, lui aussi, quelque chose à offrir.
À vrai dire, s’il était sur la terre, il ne serait même pas prêtre,
puisqu’il y a déjà les prêtres
qui offrent les dons conformément à la Loi :
ceux-ci rendent leur culte dans un sanctuaire
qui est une image et une ébauche des réalités célestes,
comme en témoigne l’oracle reçu par Moïse
au moment où il allait construire la Tente :
Regarde, dit le Seigneur, tu exécuteras tout
selon le modèle qui t’a été montré sur la montagne.
Quant au grand prêtre que nous avons,
le service qui lui revient se distingue d’autant plus
que lui est médiateur d’une alliance meilleure,
reposant sur de meilleures promesses.
ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT MARC (3, 7-12)
En ce temps-là,
Jésus se retira avec ses disciples près de la mer,
et une grande multitude de gens, venus de la Galilée, le suivirent.
De Judée, de Jérusalem, d’Idumée, de Transjordanie,
et de la région de Tyr et de Sidon
vinrent aussi à lui une multitude de gens
qui avaient entendu parler de ce qu’il faisait.
Il dit à ses disciples de tenir une barque à sa disposition
pour que la foule ne l’écrase pas.
Car il avait fait beaucoup de guérisons,
si bien que tous ceux qui souffraient de quelque mal
se précipitaient sur lui pour le toucher.
Et lorsque les esprits impurs le voyaient,
ils se jetaient à ses pieds et criaient :
« Toi, tu es le Fils de Dieu ! »
Mais il leur défendait vivement de le faire connaître.
Homélie
Les versets de l’Évangile d’aujourd’hui appartiennent à la conclusion de la première partie de l’Évangile de Marc, où Jésus est déjà remarquablement actif en faveur des opprimés et beaucoup de gens ont déjà entendu parler de ce qu’il accomplissait.
Des juifs comme des païens viennent à Lui; des maîtres de la Loi, des pharisiens et des gens du peuple sont témoins que ses paroles et ses œuvres manifestent une force libératrice de Dieu. Tout le monde cherche à voir Jésus même si personne ne comprend totalement le rôle de Jésus dans l’histoire du peuple. D’un côté, les pharisiens cherchent à le prendre au piège pour empêcher sa popularité de grandir au milieu du peuple d’Israël, car Jésus interpelle vivement l’hypocrisie de leurs actions : privilégier l’accomplissement de la Loi en dépit du bien-être des personnes. De l’autre côté, des gens de diverses origines cherchent en Jésus une raison de continuer de croire, d’espérer, et la possibilité d’être guéris.
Jésus, quant à lui, ne cherche pas la célébrité. Il annonce la Bonne Nouvelle du Règne de Dieu et, en même temps, il continue à prendre du temps loin des foules, pour ses disciples et pour son Père. Malgré cette distance, Jésus reste très sensible à la souffrance et aux besoins des gens. Ce qu’il reproche aux pharisiens de faire au dépend des autres, il le réalise en faveur des êtres humains. Il ne refuse personne. Il voit venir la grande multitude vers lui; il sait qu’il y a beaucoup de personnes qui sont là pour être guéries, que plusieurs d’entre elles ont fait un très long chemin et que certains n’appartiennent pas au peuple juif.
Au bord de la mer, au lieu d’embarquer pour s’en aller ailleurs, il demande aux disciples « de tenir une barque à sa disposition pour que la foule ne l’écrase pas ». Jésus les accueille avec tout son cœur, il les guérit de leurs infirmités, il soulage leurs souffrances. Je l’imagine comme s’il montait dans une tribune afin de maintenir un contact visuel, afin d’établir une relation plus profonde, en évitant que cette rencontre devienne superficielle et occasionnelle à cause des nombreuses guérissons physiques demandées. Il ne cherche pas à être considéré comme un guérisseur. Sa mission est d’instaurer le Règne de Dieu sur Terre.
C’est conscient de sa mission qu’il interdit aux esprits impurs de dire qu’il est le Fils de Dieu. Sa priorité est que tous croient en Lui, en Dieu, grâce à la rencontre personnelle, à l’écoute de sa Parole et à l’expérience de son Amour. La guérison sera une des conséquences de tout ça.
Il est possible qu’à certains moments de la vie humaine, la relation avec Dieu soit créée dans l’immédiat, dans l’urgence de l’instant présent, en « se précipitant pour le toucher ». Ça peut arriver à n’importe qui! Soyons rassurez, Jésus ne sera pas insensible à ça non plus, mais il va toujours vouloir favoriser une relation plus profonde, une véritable relation d’amour, montrer le vrai visage de la miséricorde pour tous. Et, il est très probable que, de nos jours, il nous demande, comme il le fait aux disciples de son temps, de tenir la barque prête, de permettre que sa Bonne Nouvelle soit annoncée à tous et toutes sans aucune distinction…
Sûrs de la présence de Jésus avec nous, sûrs de son amour, continuons à prier… Que nous soyons persévérants pour aller à sa rencontre, comme la multitude qui le suivait; que nous soyons prêts comme les disciples pour annoncer aussi la Bonne Nouvelle; que nous soyons guéris de nos manques d’amour et aussi que nous soyons éclairés pour reconnaître qu’il est le Fils de Dieu par sa miséricorde pour tous. Soyons prêts à le laisser monter dans notre barque, dans notre vie, et à le laisser nous parler de son amour pour l’humanité.
Gustavo Adolfo Garay Ortega
PRIÈRE
∞ Amen.