17 JANVIER 2023
Qui donc est Dieu ?
Aujourd’hui, le frère André Descôteaux, O.P., nous fait réfléchir à la question « Qui donc est Dieu? », Lui qui jure par Lui-même de bénir l’être humain et qui se laisse blesser par lui.

LETTRE AUX HÉBREUX (6, 10-20)
Dieu n’est pas injuste : il n’oublie pas votre action ni l’amour que vous avez manifesté à son égard, en vous mettant au service des fidèles et en vous y tenant.
Notre désir est que chacun d’entre vous manifeste le même empressement jusqu’à la fin, pour que votre espérance se réalise pleinement ; ne devenez pas paresseux, imitez plutôt ceux qui, par la foi et la persévérance, obtiennent l’héritage promis.
Quand Dieu fit la promesse à Abraham, comme il ne pouvait prêter serment par quelqu’un de plus grand que lui, il prêta serment par lui- même, et il dit : Je te comblerai de bénédictions et je multiplierai ta descendance. Et ainsi, par sa persévérance, Abraham a obtenu ce que Dieu lui avait promis. Les hommes prêtent serment par un plus grand qu’eux, et le serment est entre eux une garantie qui met fin à toute discussion ; Dieu a donc pris le moyen du serment quand il a voulu montrer aux héritiers de la promesse, de manière encore plus claire, que sa décision était irrévocable.
Dieu s’est ainsi engagé doublement de façon irrévocable, et il est impossible que Dieu ait menti. Cela nous encourage fortement, nous qui avons cherché refuge dans l’espérance qui nous était proposée et que nous avons saisie. Cette espérance, nous la tenons comme une ancre sûre et solide pour l’âme ; elle entre au-delà du rideau, dans le Sanctuaire où Jésus est entré pour nous en précurseur, lui qui est devenu grand prêtre de l’ordre de Melkisédek pour l’éternité.
ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT MARC (2, 23-28)
Un jour de sabbat, Jésus marchait à travers les champs de blé ; et ses disciples, chemin faisant, se mirent à arracher des épis.
Les pharisiens lui disaient : « Regarde ce qu’ils font le jour du sabbat ! Cela n’est pas permis. » Et Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu ce que fit David, lorsqu’il fut dans le besoin et qu’il eut faim, lui-même et ceux qui l’accompagnaient ? Au temps du grand prêtre Abiatar, il entra dans la maison de Dieu et mangea les pains de l’offrande que nul n’a le droit de manger, sinon les prêtres, et il en donna aussi à ceux qui l’accompagnaient. »
Il leur disait encore : « Le sabbat a été fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat. Voilà pourquoi le Fils de l’homme est maître, même du sabbat. ».
Homélie
La cérémonie d’investiture du président des États-Unis d’Amérique est toujours impressionnante. À l’extérieur du Capitale, où des foules sont rassemblées ainsi que toute la classe politique, le nouveau président prête serment devant le Juge en chef de la Cour suprême sur la Bible. Très souvent, cette bible avait appartenu à l’un de ses aïeuls ou avait pour lui une signification toute particulière.
Autrefois, les témoins lors d’un procès juraient de dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité, sur la Bible. Dans le langage courant, il vous est peut-être déjà arrivé d’entendre quelqu’un affirmer avec force « je te le jure sur la tête de ma mère » comme si pour manifester la vérité de ses assertions, il en appelait à une personne qui lui était aussi chère que sa mère.
Dans la première lecture, l’auteur soutient qu’il n’est pas possible pour Dieu de prêter serment par quelqu’un de plus grand que lui, ni la tête de sa mère, ni la Bible. Pourtant, comme il le dit, cela n’a pas empêché Dieu de jurer qu’il comblerait Abraham de bénédictions et de multiplier sa descendance. Il jure par le serment mettant ainsi fin à toute discussion. Sa décision était irrévocable.
Sa décision de bénir Abraham et par lui l’ensemble de l’humanité est vraiment définitive, décisive et irréversible. Dieu veut le bien de l’être humain. Il aime, comme disait Paul VI, tout être humain et tout l’être humain. Cela est sans appel. Voilà pourquoi il a réalisé sa promesse en envoyant Jésus, le grand prêtre parfait, l’un des nôtres, qui a pénétré au-delà du rideau du Sanctuaire, dans le Saint des Saints, en précurseur pour que nous aussi entrions en communion avec Dieu. Grâce au Seigneur Jésus, la promesse de Dieu se réalise. Grâce au Seigneur Jésus nous avons accès à Dieu au point d’être comblés de toutes bénédictions et de devenir ses fils et ses filles.
Non seulement l’être humain est le parti pris de Dieu, mais il est celui qu’il aime. Tout ce qu’il a fait, fait et fera sera en sa faveur. Voilà pourquoi, comme le dit Jésus dans l’Évangile, le sabbat a été fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat. L’être humain a été fait pour Dieu et non pour une loi honorable soit-elle. Certes, il est important pour l’être humain d’honorer Dieu, au moins une fois par semaine, de reconnaître qu’il tient tout de lui et de lui en rendre grâce, mais plus important encore aux yeux de Dieu : c’est notre bien!
Maurice Zundel, ce grand maître spirituel du XXe siècle avait cette formule audacieuse, mais d’une grande vérité : « Au fond tout est là, si on ne croit pas dans l’homme, on ne croit pas en Dieu? »
Vous devez connaître cet hymne « Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi? »
« Qui donc est Dieu, pour se lier d’amour à part égale?
Qui donc est Dieu présent à nos côtés, prendre nos routes?
Qui donc est Dieu que nul ne peut aimer s’il n’aime l’homme?
Qui donc est Dieu qu’on peut si fort blesser en blessant l’homme? »
Qui donc est Dieu? C’est ce grand mystère que nous célébrons encore ce matin, dans cette eucharistie, en rompant le pain et en partageant la coupe, à la suite du Seigneur, signe efficace de son amour et de toutes bénédictions, pour notre plus grand bien.
Fr. André Descôteaux, O.P.
PRIÈRE
∞ Amen.