10 JANVIER 2023
La voie de la Vie en plénitude
Aujourd’hui, le frère André Descôteaux, O.P., nous explique comment les lectures du jour concordent pour expliquer la nature et la mission de Jésus en tant que Dieu incarné, frère qui a autorité et Sauveur de l’humanité.

LETTRE AUX HÉBREUX (2, 5-12)
Ce n’est pas à des anges que Dieu a soumis le monde à venir,
dont nous parlons.
Un psaume l’atteste en disant :
Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui,
le fils d’un homme, que tu en prennes souci ?
Tu l’as abaissé un peu au-dessous des anges,
tu l’as couronné de gloire et d’honneur ;
tu as mis sous ses pieds toutes choses.
Quand Dieu lui a tout soumis,
il n’a rien exclu de cette soumission.
Maintenant, nous ne voyons pas encore
que tout lui soit soumis ;
mais Jésus,
qui a été abaissé un peu au-dessous des anges,
nous le voyons couronné de gloire et d’honneur
à cause de sa Passion et de sa mort.
Si donc il a fait l’expérience de la mort,
c’est, par grâce de Dieu, au profit de tous.
Celui pour qui et par qui tout existe
voulait conduire une multitude de fils jusqu’à la gloire ;
c’est pourquoi il convenait qu’il mène à sa perfection, par des souffrances,
celui qui est à l’origine de leur salut.
Car celui qui sanctifie, et ceux qui sont sanctifiés,
doivent tous avoir même origine ;
pour cette raison,
Jésus n’a pas honte de les appeler ses frères,
quand il dit :
Je proclamerai ton nom devant mes frères,
je te chanterai en pleine assemblée.
ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT MARC (1, 21-28)
Jésus et ses disciples entrèrent à Capharnaüm.
Aussitôt, le jour du sabbat,
il se rendit à la synagogue, et là, il enseignait.
On était frappé par son enseignement,
car il enseignait en homme qui a autorité,
et non pas comme les scribes.
Or, il y avait dans leur synagogue
un homme tourmenté par un esprit impur,
qui se mit à crier :
« Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ?
Es-tu venu pour nous perdre ?
Je sais qui tu es :
tu es le Saint de Dieu. »
Jésus l’interpella vivement :
« Tais-toi ! Sors de cet homme. »
L’esprit impur le fit entrer en convulsions,
puis, poussant un grand cri, sortit de lui.
Ils furent tous frappés de stupeur
et se demandaient entre eux :
« Qu’est-ce que cela veut dire ?
Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité !
Il commande même aux esprits impurs,
et ils lui obéissent. »
Sa renommée se répandit aussitôt partout,
dans toute la région de la Galilée.
Homélie
L’extrait de la lettre aux Hébreux que nous avons entendu, ce matin, même si son style est plutôt désarçonnant, nous introduit au cœur de la mission du Christ. En quelques mots, tout est dit : « Si donc il a fait l’expérience de la mort, c’est, par grâce de Dieu, au profit de tous. Celui pour qui et par qui tout existe voulait conduire une multitude de fils jusqu’à la gloire ». Comme dira l’évangéliste Jean, il est venu pour que nous ayons la vie et la vie en plénitude.
L’Évangile de ce matin illustre un aspect de la mission du Seigneur Jésus. Il est venu libérer l’être humain de toutes ses servitudes et esclavages. Nous le voyons chasser un démon par sa seule parole, avec autorité. Il interpelle violemment l’esprit impur et le possédé est libéré. Sa parole est puissante. Ses disciples et l’assemblée sont frappés par l’autorité de son enseignement. Il ne parle pas comme les scribes. « Qu’est-ce que cela veut dire? »
La lettre aux Hébreux apporte sa réponse. Jésus ne se contentera pas de parler, mais comme le dit la lettre aux Hébreux, celui qui sanctifie, autrement dit le Christ, et ceux qui sont sanctifiés, l’ensemble de l’humanité, doivent avoir la même origine. Ils sont frères, nous dit le texte montrant jusqu’où va cette solidarité. « Il convenait qu’il mène à sa perfection, par des souffrances, celui qui est à l’origine de leur salut ». Parce que Dieu exigeait des souffrances? Du sang? Non. Certes, il aurait pu sauver l’humanité par une parole comme celle qu’il a prononcée devant le possédé : « Tais-toi, sors de cet homme ». Mais ce n’est pas le chemin qu’il a emprunté. En souffrant sa passion, il nous a pris au sérieux tant la souffrance fait partie de nos vies, tant le mal nous atteint durement et nous paralyse. C’est au cœur même de nos ténèbres que sa mort et sa résurrection nous ont ouvert un chemin de vie et de liberté.
Si l’esprit impur savait qui était Jésus, il ne croyait pas en lui. Nous sommes invités, nous, à croire, en celui qui a été abaissé un peu au-dessous des anges et qui est maintenant couronné de gloire et d’honneur. Nous ne voyons pas encore, comme il est écrit. L’humanité est encore en marche. Jésus notre frère a parcouru le chemin de notre condition pour ouvrir une voie nouvelle à tous, la voie de la vie en plénitude. Nous croyons malgré le mal et la souffrance que nous endurons que la création arrivera à bonne fin. Notre terre n’est plus qu’une terre d’exil et de souffrance, elle est maintenant le lieu d’un enfantement qui dure encore. Un jour, la victoire de notre Dieu sera manifeste.
Vivons donc ce temps ordinaire qui commence aujourd’hui en nous engageant toujours plus résolument à la suite de ce Jésus et chantons avec lui notre reconnaissance dans l’assemblée en rompant le pain et partageant la coupe comme il nous a dit de le faire. Amen.
Fr. André Descôteaux, O.P.
PRIÈRE
∞ Amen.