Homélie, jeudi du Temps de Noël

29 DÉCEMBRE 2022

La vieillesse en Dieu

Aujourd’hui, le frère Yvon Pomerleau, O.P. nous explique les quatre qualités que distinguent à Syméon comme témoin du mystère de Jésus Christ, un idéal de vieillesse.

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Homélie

« Syméon et Anne, idéal de la vieillesse en Dieu », c’est le titre d’une réflexion du bénédictin Anselm Grün, extraite de son livre « L’art de bien vieillir ». Mon homélie de ce matin s’en inspire très largement.

Dans la prière des heures, laudes et complies marquent le début et la fin de la journée. Ces deux heures se terminent par des cantiques attribués à des vieillards : le cantique du matin nous renvoie à Zacharie et Élisabeth et celui du soir à Syméon et Anne. On connait ces cantiques par leurs premières paroles en latin : le Benedictus et le Nunc dimittis. Ces personnages nous renvoient à ces paroles du livre de Job : « La sagesse est l’affaire des vieillards, le discernement le fait du grand âge » (Job 12, 12)

Nos quatre vieillards présents au début de l’Évangile de Luc reconnaissent le mystère de Jésus Christ et en deviennent les premiers témoins. Alors que les deux premiers témoignent de la Bonne Nouvelle à leurs voisins, les deux autres s’adressent au monde entier.

Arrêtons-nous un instant au vieillard Syméon, protagoniste de notre évangile de ce matin. On relève chez lui quatre qualités (trois plus un!) qui le distinguent : il est juste, pieux, il attend le salut d’Israël et l’Esprit-Saint repose sur lui. Qu’est-ce à dire? : 1. Syméon agit avec justice envers son prochain; 2. Tout son être est orienté vers Dieu; 3. il attend le salut, c’est-à-dire la consolation d’Israël; 4. Il est habité par l’Esprit-Saint qui lui donne de discerner dans l’enfant la lumière envoyée par Dieu.

Syméon porte sur sa vie passée un regard plein de gratitude et il nous offre ce chant magnifique : « Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s’en aller en paix, car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples, lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël ».

Satisfait de sa vie, Syméon peut se retirer car il a accompli sa mission faite de luminosité. Il indique le chemin menant au salut et à la lumière. Le thème de la lumière est central dans l’Évangile comme il l’est dans nos vies ordinaires. On retrouve ce mot « lumière » dans des expressions populaires où il est synonyme de vérité : On dira « faire la lumière sur une question controversée » ou « apporter une lumière dans un débat ». Pour signifier une intelligence brillante, on parlera d’un tel comme une lumière ou bien au contraire pour qualifier celui qui est moins brillant, on dira que « ce n’est pas une lumière ». Dans l’Évangile de Jean, Jésus lui-même affirme qu’il est la lumière du monde. « Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres mais il aura au contraire la lumière ».

Syméon bénit les parents et l’enfant. Comme un sage, par sa présence, il renvoie à Dieu qui bénit notre existence. 

En latin, « sage » se dit « sapiens », du verbe « sapio » avoir du goût, de la saveur. Le sage sait goûter, apprécier ce qu’il y a de beau et de bon en lui et autour de lui, d’où ce « goût » de sérénité, de calme qui émane de lui.

Prions le Seigneur pour que nos ainés reçoivent en abondance de l’Esprit Saint ce don de la sagesse qui doit les caractériser!

Fr. Yvon Pomerleau, O.P.

PRIÈRE

Dieu tout-puissant, que nul ne peut voir,
tu as dissipé les ténèbres du monde
par la venue de ta lumière;
nous t’en prions,
tourne vers nous ton visage de paix,
pour que nos louanges proclament
l’œuvre merveilleuse que tu as accomplie
dans la naissance de ton Fils unique.
Lui qui vit et règne avec toi et le Saint Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.