11 OCTOBRE 2022
Purifier l'intérieur et non l'extérieur

LETTRE DE SAINT PAUL APÔTRE AUX GALATES (5, 1-6)
Frères, c’est pour que nous soyons libres que le Christ nous a libérés. Alors tenez bon, ne vous mettez pas de nouveau sous le joug de l’esclavage.
Moi, Paul, je vous le déclare : si vous vous faites circoncire, le Christ ne vous sera plus d’aucun secours. Je l’atteste encore une fois : tout homme qui se fait circoncire est dans l’obligation de pratiquer la loi de Moïse tout entière. Vous qui cherchez la justification par la Loi, vous vous êtes séparés du Christ, vous êtes déchus de la grâce.
Nous, c’est par l’Esprit, en effet, que de la foi nous attendons la justice espérée. Car, dans le Christ Jésus, ce qui a de la valeur, ce n’est pas que l’on soit circoncis ou non, mais c’est la foi, qui agit par la charité.
ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT LUC (11, 37-41)
En ce temps-là, pendant que Jésus parlait, un pharisien l’invita pour le repas de midi. Jésus entra chez lui et prit place. Le pharisien fut étonné en voyant qu’il n’avait pas fait d’abord les ablutions précédant le repas.
Le Seigneur lui dit : « Bien sûr, vous les pharisiens, vous purifiez l’extérieur de la coupe et du plat, mais à l’intérieur de vous-mêmes vous êtes remplis de cupidité et de méchanceté. Insensés ! Celui qui a fait l’extérieur n’a-t-il pas fait aussi l’intérieur ? Donnez plutôt en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous. »
Homélie
À première vue, il y a un sentiment d’assister dans ce récit à quelque chose qui s’apparenterait à de l’impolitesse de la part de Jésus vis-à-vis de son hôte. Il semble répondre à de la gentillesse par des critiques et une attitude acariâtre. Il faut donc tâcher d’y regarder d’un peu plus près pour saisir le sens de l’agacement de Jésus. Car, Luc commence en disant : ‘‘Pendant que Jésus parlait…’’. C’est donc au cœur de son ministère que le Seigneur est interrompu abruptement par « un pharisien qui l’invite pour le repas de midi ». Devons-nous-y voir un signe de bienveillance toute innocente, ou serait-ce une façon contournée de faire taire le Maître, voire de le détourner de la foule?
Pour que Jésus utilise des mots aussi durs que ‘‘cupidité’’ et ‘‘méchanceté’’ pour décrire l’attitude de son interlocuteur, c’est bien qu’il a perçu l’ambiguïté de l’invitation. Nous savons à quel point les Pharisiens attachaient une si grande importance au respect de la loi de Moïse jusque dans les moindres détails. Ils avaient aussi beaucoup d’autres coutumes et règles pour s’assurer qu’ils obéissaient correctement à la loi. Des couches de lois se superposaient pour renforcer la Loi de Moïse.
Le respect complet et scrupuleux du catalogue des lois et des règles était source de fierté et du sentiment de satisfaction de savoir qu’on vivait dans la droiture. Mais, Jésus leur démontre qu’il leur manquait l’essentiel. La Loi de Moïse était censée “ les libérer pour le culte”, en les délivrant de l’esclavage des dieux païens et de celui du péché.
Quand la Loi (et les coutumes et les règles en plus) devinrent une fin en soi, elle fut tronquée, et, par là-même, rejetée par Celui vers qui elle était sensée mener. Saint Paul, dans l’épître aux Galates que nous lisons depuis quelques jours, n’y va pas de main morte : ‘‘Vous qui cherchez la justification par la Loi, vous vous êtes séparés du Christ, vous êtes déchus de la grâce.’’
Le piège est le suivant : nous pouvons adhérer aux lois avec une telle vigueur que nous perdons de vue Celui pour le culte de qui elles nous libèrent. Nous ne permettons alors, ni à nos cœurs ni à nos esprits, d’être formés par elles, nous nous contentons de les suivre aveuglément. Nous nous contentons de nettoyer l’extérieur de la coupe en nous arrêtant là, sans continuer jusqu’à voir l’Amour de Dieu et le laisser purifier nos cœurs.
La parole de Paul aux Galates prend alors tout son sens à la lumière de l’évangile d’aujourd’hui : ‘‘Nous, c’est par l’Esprit, en effet, que dans la foi nous attendons la justice espérée. Car, dans le Christ Jésus, ce qui a de la valeur, c’est la foi qui agit par la charité.’’’
Fr. Gustave Nsengiyumva, O.P.
PRIÈRE
accorde-nous la joie de t’appartenir sans réserve,
car c’est un bonheur durable et profond
de servir constamment le créateur de tout bien.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.