Homélie, 28ème mardi du Temps Ordinaire

11 OCTOBRE 2022

Purifier l'intérieur et non l'extérieur

Aujourd’hui, le frère Gustave Nsengiyumva, O.P., nous explique l’attitude plutôt sèche de Jésus dans l’évangile alors que celui-ci réagit à la superficialité des rituels de son hôte.
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Homélie

À première vue, il y a un sentiment d’assister dans ce récit à quelque chose qui s’apparenterait à de l’impolitesse de la part de Jésus vis-à-vis de son hôte. Il semble répondre à de la gentillesse par des critiques et une attitude acariâtre. Il faut donc tâcher d’y regarder d’un peu plus près pour saisir le sens de l’agacement de Jésus. Car, Luc commence en disant : ‘‘Pendant que Jésus parlait…’’. C’est donc au cœur de son ministère que le Seigneur est interrompu abruptement par « un pharisien qui l’invite pour le repas de midi ». Devons-nous-y voir un signe de bienveillance toute innocente, ou serait-ce une façon contournée de faire taire le Maître, voire de le détourner de la foule? 

Pour que Jésus utilise des mots aussi durs que ‘‘cupidité’’ et ‘‘méchanceté’’ pour décrire l’attitude de son interlocuteur, c’est bien qu’il a perçu l’ambiguïté de l’invitation. Nous savons à quel point les Pharisiens attachaient une si grande importance au respect de la loi de Moïse jusque dans les moindres détails. Ils avaient aussi beaucoup d’autres coutumes et règles pour s’assurer qu’ils obéissaient correctement à la loi. Des couches de lois se superposaient pour renforcer la Loi de Moïse. 

Le respect complet et scrupuleux du catalogue des lois et des règles était source de fierté et du sentiment de satisfaction de savoir qu’on vivait dans la droiture. Mais, Jésus leur démontre qu’il leur manquait l’essentiel. La Loi de Moïse était censée “ les libérer pour le culte”, en les délivrant de l’esclavage des dieux païens et de celui du péché. 

Quand la Loi (et les coutumes et les règles en plus) devinrent une fin en soi, elle fut tronquée, et, par là-même, rejetée par Celui vers qui elle était sensée mener. Saint Paul, dans l’épître aux Galates que nous lisons depuis quelques jours, n’y va pas de main morte : ‘‘Vous qui cherchez la justification par la Loi, vous vous êtes séparés du Christ, vous êtes déchus de la grâce.’’

Le piège est le suivant : nous pouvons adhérer aux lois avec une telle vigueur que nous perdons de vue Celui pour le culte de qui elles nous libèrent. Nous ne permettons alors, ni à nos cœurs ni à nos esprits, d’être formés par elles, nous nous contentons de les suivre aveuglément. Nous nous contentons de nettoyer l’extérieur de la coupe en nous arrêtant là, sans continuer jusqu’à voir l’Amour de Dieu et le laisser purifier nos cœurs.

La parole de Paul aux Galates prend alors tout son sens à la lumière de l’évangile d’aujourd’hui : ‘‘Nous, c’est par l’Esprit, en effet, que dans la foi nous attendons la justice espérée. Car, dans le Christ Jésus, ce qui a de la valeur, c’est la foi qui agit par la charité.’’’

Fr. Gustave Nsengiyumva, O.P.

 

PRIÈRE

Seigneur notre Dieu, nous t’en prions :
accorde-nous la joie de t’appartenir sans réserve,
car c’est un bonheur durable et profond
de servir constamment le créateur de tout bien.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.
∞ Amen.