Homélie, 26ème vendredi du Temps Ordinaire

30 SEPTEMBRE 2022

Le mystère de notre liberté

Aujourd’hui, le frère Gustave Nsengiyumva, O.P., nous explique que la lamentation de Jésus racontée par Luc dans le passage évangélique du jour parle en réalité du mystère de notre liberté!
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Homélie

Jésus tourne aujourd’hui son attention vers les villes où il avait beaucoup enseigné, là où il avait prêché et réalisé les œuvres du Père, plusieurs miracles y avaient été accomplis. A aucun autre endroit Jésus n’avait autant prêché et fait de miracles comme à Corazine, Bethsaïde et Capharnaüm. La semence était abondante mais la récolte n’a pas été à la hauteur. Jésus lui-même n’avait pu les convaincre! La déception de Jésus est d’autant plus grande s’agissant de Capharnaüm. «Et toi, Capharnaüm, seras-tu donc élevée jusqu’au ciel? Non, tu descendras jusqu’au séjour des morts!» (Lc 10,15). C’est là où Pierre avait sa maison, et Jésus avait fait de cette ville le centre de sa prédication.

«Malheureuse es-tu, Corazine! Malheureuse es-tu, Bethsaïde!» (Lc 10,13)! Des paroles à priori dures et en contraste saisissant avec les béatitudes! On ne pourrait alors n’y voir qu’un cri du cœur exprime davantage la souffrance que la damnation. La proximité du Royaume de Dieu n’a pas provoqué dans ces villes un appel à la conversion et à la pénitence. Jésus est sûr qu’à Sidon et à Tyr, les habitants auraient mieux profité de toutes les grâces prodiguées aux galiléens.

Pourtant cet échec apparent de la prédication n’entraîne pas chez Jésus de l’indifférence par rapport au sort des villes qui n’ont pas voulu écouter. De nouveau, nous ressentons davantage, chez Jésus, un sentiment de tristesse qu’une menace dans ces paroles. D’ailleurs, ne sommes-nous pas parfois tentés de dire la même chose ici chez nous, dans ce Québec qui a tellement été évangélisé, qui a tellement donné de missionnaires dans le monde entier, et qui aujourd’hui peine à se retrouver dans son identité chrétienne…? 

La lamentation de Jésus dit en réalité le mystère de notre liberté : les miracles accomplis, l’enthousiasme des messagers ne forceront jamais notre adhésion au Christ. Ce mystère fait notre dignité, car c’est librement que nous choisissons de faire route avec le ressuscité. Quel mystère que celui de la liberté humaine! Nous pouvons dire “non” à Dieu… le message évangélique ne s’impose pas par la force, il s’offre à nous uniquement et je peux fermer mon cœur, l’accepter ou le refuser. Le Seigneur respecte totalement ma liberté. Quelle responsabilité que la mienne!

«Celui qui vous écoute m’écoute» (Lc 10,16). Ces paroles qui concluent l’Évangile sont un appel à la conversion et elles sont porteuses d’espérance. Si nous écoutons la voix de Jésus, nous avons encore le temps d’être au rang des bienheureux.

Fr. Gustave Nsengiyumva, O.P.

 

PRIÈRE

Seigneur Dieu,
tu as donné au bienheureux prêtre Jérôme
de goûter la sainte Écriture et d’en vivre ;
fais que ton peuple se nourrisse plus abondamment de ta Parole
et trouve en elle la source de la vie.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu,
qui vit et règne avec toi
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.
∞ Amen.