Homélie, 25ème mercredi du Temps Ordinaire

21 SEPTEMBRE 2022

Dieu aime les pécheurs

Aujourd’hui, le frère Carlos Ariel Betancourth Ospina, O.P., nous met face à une contradiction qui existe encore dans notre Église et qui démontre que la voie humaine n’est pas la même que celle de Dieu.
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Homélie

Dans les Évangiles, l’attitude accueillante de Jésus envers les pécheurs est parfaitement décrite. Parmi eux se trouvaient les collecteurs d’impôts, ou les publicains, considérés comme des traîtres à l’alliance pour avoir collaboré avec l’occupation romaine.

Jésus invite Matthieu, un « pécheur », un publicain, à faire partie de son groupe le plus proche. En acceptant cette invitation, il commence à faire partie de la nouvelle communauté de Jésus. Jésus lui accorde un vote de confiance, sans lui demander des confessions publiques de conversion. Matthieu le suit aussitôt, abandonnant tout. Et il offre à Jésus un bon repas chez lui, auquel il convie également d’autres publicains. Jésus accepte et ça, c’est un scandale pour ceux qui se croyaient « les bons ».

Le judaïsme officiel ne peut accepter cela. Mais Jésus ne partage pas l’idée pharisaïque selon laquelle ils sont les justes et Matthieu le pécheur. C’est l’occasion pour Jésus d’exprimer le but de sa mission : « Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs ».

C’est pourquoi le pécheur n’était l’objet d’aucun rejet de la part de Jésus ; il était plutôt digne de compassion et avait besoin d’enseignement pour qu’il cesse de se faire du mal et puisse atteindre sa plénitude.

L’acceptation des pécheurs est l’enseignement le plus déconcertant et le plus scandaleux de Jésus. Nous l’écoutons depuis deux mille ans et nous n’arrivons toujours pas à y croire. Nous ne pensons pas du tout que Dieu aime les pécheurs. Nous ne croyons pas du tout qu’il les aime comme il doit nous aimer, nous qui sommes des justes. On n’y croit pas, parce qu’on n’aime pas ça.

Ce sentiment est la meilleure preuve de la superficialité de notre religion. Au lieu d’écouter Jésus, nous nous écoutons nous-mêmes et pensons Dieu à notre image : bon pour le bon et mauvais pour le mauvais. Notre Dieu continue d’être celui des pharisiens, un Dieu qui récompense les bons et punit les méchants.

La seule condition pour s’approcher de Jésus est de se reconnaître pécheur. Pensez-vous que vous êtes indigne de la communion ? Toutes nos félicitations !! C’est la condition essentielle pour pouvoir l’approcher avec profit.

Voilà comment était Jésus, compréhensif et tolérant. Comment sommes-nous ? Peut-être intransigeant et puritain, comme les pharisiens qui murmuraient à propos de Jésus ? Sommes-nous capables de donner une marge de confiance à ceux qui ont mauvaise réputation ? Jésus l’a donnée à Matthieu et il a pleinement répondu.

Grâce à lui, nous avons l’évangile qui porte son nom. Et de nombreuses générations ont pu connaître le sermon sur la montagne et la surprenante nouvelle des béatitudes, et tant de discours et de paraboles de Jésus.

Finalement, nous n’invitons pas Jésus à manger chez-nous, comme l’a fait Matthieu. Mais c’est nous qui sommes invités par Lui à participer à l’Eucharistie, qui est son Corps et son Sang, comme nourriture pour notre vie. Nous avons plus de chance que Matthieu. Est-ce que nous savons en profiter?

Fr. Carlos Ariel Betancourth Ospina, O.P.

PRIÈRE

Seigneur Dieu,
dans ta miséricorde sans égale,
tu as choisi le bienheureux Matthieu
pour faire de ce publicain un apôtre ;
donne-nous, par sa prière et à son exemple,
de te suivre et de nous attacher à toi fermement.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu,
qui vit et règne avec toi
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.
∞ Amen.