Prédication, mardi de la 28ème semaine du temps ordinaire

13 octobre 2026

Servir l'intérieur, pas l'extérieur

Aujourd’hui, le frère Maxime Allard, O.P., nous explique comment Jésus cherche à rétablir les bonnes priorités en détournant les pharisiens (et les chrétiens modernes) de leur obsession à la fois religieuse et matérialiste pour finalement tourner leurs cœurs vers le prochain. 

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Prédication

Donnez plutôt en aumône… Étrange commandement. D’autant plus étrange qu’il commande l’aumône « plutôt » qu’un rite religieux de purification ! Comment est-ce que donner quelque chose en aumône pourrait tout purifier ? Comment cela libérerait-il de l’obsession de la pureté extérieure qui cache mal des impuretés intérieures ? Comment entre ce « plutôt », car il ne s’agit pas d’oublier complètement mais de préférer, de faire plus rapidement, plus volontiers…

Donc « donnez en aumône » de préférence à… Voilà le commandement de Jésus aux pharisiens dont il est l’invité. Ironiquement subtil : « si vous avez donné ce que vous avez, ce que vous possédez, ces choses extérieures à vous, vous ne les aurez plus. Si vous ne les avez plus, l’idée – l’obsession – de purifier ces choses ne vous passera plus par l’esprit : vous n’aurez plus rien à purifier. Pas tout à fait : vous pourrez vous tourner vers vous-même, vers votre ‘ intériorité’… » Pas fou ce raisonnement implicite de Jésus !

Donc donner en aumône vous permettra de penser à purifier le cœur. Mais l’intériorité est ici étrange aussi. Car il ne s’agit pas de vous débarrasser de quelque chose pour en être libéré et libéré pour penser à soi-même. Il est question de les donner en aumône, geste fort recommandable dans le judaïsme. Jésus le savait (Matthieu 6, 2-4). Autrement dit, donner en aumône vous détourne de ces choses à purifier pour vous tourner vers autrui dans le besoin. L’attention à autrui, le souci pour le bien et la vie d’autrui contribuent à réajuster les perspectives et les priorités. Plus encore, peut-être, vous les donnez en aumône, c’est-à-dire à des indigents, à des hommes et des femmes qui n’ont rien, dont la vie ne tient qu’à un fil. Étant à cette extrémité, ces gens auront un rapport approprié à ces choses : elles serviront à la vie et pas à l’obsession religieuse.

Plus j’y pense, plus je trouve que cet étrange commandement nous entraîne au cœur de l’Évangile de Dieu. Si je m’y arrête encore un peu plus, je vois l’actualité de ce commandement dans la vie de l’Église qui est parfois obsédée et absorbée par l’entretien de choses extérieures ou par un certain rapport à l’intériorité individuelle et qui néglige des impuretés (sic) plus fondamentales… Dois-je en dire plus ?

Fr. Maxime Allard, O.P.

 

PRIÈRE

Dieu de l’univers,
de qui vient tout don parfait,
enracine en nos cœurs l’amour de ton nom;
augmente notre foi pour développer ce qui est bon en nous;
veille sur nous avec sollicitude pour protéger
ce que tu as fait grandir.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
lui qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.