Prédication, 28ème dimanche du temps ordinaire

11 octobre 2026

Invités… plusieurs fois !

Aujourd’hui, le frère Ghislain Paris, O.P., nous pousse à nous identifier à la parabole du l’évangile du jour pour déterminer si, oui ou non, nous répondons réellement et toujours à l’invitation de notre Dieu.

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Prédication

Chaque année, à l’automne, à La Montagne de l’Horeb, nous avons une fête des couleurs. À cette occasion, nous nous réunissons prêtres et religieux pour échanger sur un point intéressant de notre vie, pour prier, pour manger et pour marcher dans la nature. Chaque fois, j’espère que nous serons nombreux, je rêve de remplir la maison. J’envoie entre 200 et 300 invitations ; nous nous retrouvons toujours seulement une vingtaine. Un peu déçus ! Nous étions pourtant prêts pour un petit banquet. Plusieurs donnent de bonnes raisons pour s’excuser et disent qu’ils vont se reprendre l’année suivante. Cela ne se produit presque jamais. Car il faut avoir une bonne raison pour répondre à une invitation et consentir à se déplacer.

Je pensais à cette expérience en lisant les textes de la Parole de Dieu pour aujourd’hui. Mon expérience, à une petite échelle, permet de comprendre la frustration encore plus grande du roi devant tant de réponses négatives ! Le Seigneur de l’univers a préparé tout un festin, des viandes grasses (en Isaïe) : son grand rêve d’effacer toute trace de deuil, de pleurs et de souffrances. Il envoie ses serviteurs, ses diacres, pour les noces de son fils. Il ne regarde pas à la dépense pour remplir la salle. Il est sûr que son projet peut rejoindre tout le monde et combler les besoins profonds de tous. Nous sommes sur le terrain d’une parabole ; une bande dessinée, dirions-nous maintenant ! Les traits des personnages sont grossis, on est attiré par des détails imprévus !

Il y a un premier public, assez précis : des familiers invités dans le passé, et qui reçoivent une nouvelle invitation (en 2 fois). Jadis, ils se sont ouverts à la vie nouvelle. Et maintenant, ils connaissent la chanson. Ils se sont enfermés dans leur monde, incapables de s’ajuster aux appels nouveaux du roi pour des noces. Impensable pour eux de s’ajuster encore l’un à l’autre, ou pour le groupe de s’ajuster à de nouvelles circonstances, à l’imprévu de fêter une autre alliance. Comme la parabole/bande dessinée est destinée aux grands prêtres et aux anciens du peuple, on pense spontanément qu’ils sont probablement visés. Mais ce peut être aussi un trait de vie spirituelle ancré chez les premiers pratiquants, les premiers appelés : cela nous concerne aussi.

Un public nouveau – absolument sans aucun mérite moral – est appelé ensuite à prendre la relève. Des gens de partout, de toutes conditions ; c’est le roi qui le veut et met tout en œuvre pour mener à bien son initiative !

Nous avons presque tous connu Vatican II. Par ses serviteurs, les évêques et les papes, le roi/Dieu nous invitait parce qu’Il voulait faire du neuf dans le partage de sa vie. Plusieurs ont entendu l’appel et se sont mis en route – tandis que plusieurs autres ont refusé tout changement, ont attribué cet imprévu à de l’imposture. Parce qu’ils ont été invités depuis longtemps, ils sont restés sourds, réfractaires au renouveau.

Une seconde fois, le Roi/Dieu relance son invitation, partage son rêve de célébrer sa vie dans un nouveau cadre d’exercice de l’autorité. Les papes François et Léon XIV promeuvent une autre manière de faire Église : apprendre à écouter chacun, discerner les intuitions de l’Esprit, et marcher ensemble vers l’avenir. Nous ne sommes plus placés en rangs d’oignon devant un trône élevé, à attendre les ordres. Nous formons plutôt de petites tables rondes relais sur les chemins de nos parcours de vie.

La finale de la parabole présente un invité sans vêtement de noce. L’habitude sociale du temps impliquait que le roi donnait à chaque invité un vêtement gratuit, et le porter était une manière d’accepter l’invitation. L’intrus semble ne pas être là de tout cœur et d’esprit, comme s’il faisait semblant de partager les valeurs. Il reste muet quand il est sommé d’expliquer son attitude. Il sera jeté dehors de l’assemblée et son mutisme va devenir des grincements de dents… et des pleurs ! « Beaucoup d’appelés… peu d’élus » pourrait se comprendre ainsi : « invités plusieurs fois… mais peu de réponses véritables, reflétant une attitude intérieure de fêtes ». Belles noces actuelles !

Fr. Ghislain Paris, O.P.

 

PRIÈRE

Nous t’en prions, Seigneur,
que ta grâce nous devance
et qu’elle nous accompagne toujours,
pour nous rendre attentifs à faire le bien sans relâche.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
lui qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.