7 octobre 2026
Prions avec Marie !
En ce jour de la Bienheureuse Vierge Marie du Rosaire, le frère Gustave Nsengiyumva, O.P., nous invite à considérer le Rosaire, cette forme de prière dominicaine née il y a des siècles, et à prier avec Marie pour notre monde, particulièrement notre société québécoise.
LIVRE DES ACTES DES APÔTRES (1, 12-14)
Alors, ils retournèrent à Jérusalem depuis le lieu-dit « mont des Oliviers » qui en est proche, – la distance de marche ne dépasse pas ce qui est permis le jour du sabbat.
À leur arrivée, ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient habituellement ; c’était Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d’Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques. Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères.
ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT LUC (1, 26-38)
En ce temps-là, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. »
Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu. »
Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. »
Alors l’ange la quitta.
Prédication
En cette fête de Notre-Dame du Rosaire, l’Église nous remet entre les mains une prière toute simple : quelques mots répétés, un chapelet que l’on fait glisser entre ses doigts, et surtout les mystères de la vie du Christ que nous contemplons avec Marie.
Car le Rosaire n’est pas d’abord une prière qui nous arrête à Marie. Marie ne nous retient jamais auprès d’elle : elle nous conduit toujours à son Fils. Avec elle, nous contemplons Jésus dans le mystère de son Incarnation et de sa naissance, dans sa vie et sa prédication, dans sa Passion et sa mort, et enfin dans la lumière de sa Résurrection.
C’est pourquoi le Rosaire occupe une place si importante dans la spiritualité dominicaine. Depuis des siècles, les fils et les filles de saint Dominique l’ont reçu comme une véritable école de contemplation et de prédication : contempler le Christ pour mieux l’annoncer.
Et peut-être avons-nous particulièrement besoin du Rosaire aujourd’hui. Nous vivons dans un monde où tout va vite : les nouvelles, les écrans, les messages, les préoccupations se succèdent sans cesse. Nous courons beaucoup, et parfois notre âme n’a même plus le temps de nous rattraper.
Prendre un chapelet, c’est accepter de s’arrêter. C’est reprendre doucement le chemin de l’Évangile avec Marie. À chaque dizaine, nous nous arrêtons devant un moment de la vie de Jésus. Nous le regardons aimer, guérir, enseigner, souffrir, mourir et ressusciter. Et peu à peu, ce que nous contemplons vient éclairer notre propre vie : nos joies, nos épreuves, nos deuils, nos espérances.
Et aujourd’hui, nous pouvons aussi confier à Marie notre terre québécoise. Il y a deux jours, les Québécoises et les Québécois se sont rendus aux urnes, et les choix exprimés réveillent aussi de grandes questions sur notre avenir collectif, sur notre identité et sur l’indépendance du Québec. Au-delà de nos opinions et de nos sensibilités différentes, demandons à Marie de veiller sur notre peuple, d’accompagner celles et ceux qui portent la responsabilité du bien commun et de nous aider à demeurer un peuple capable de dialogue, de respect et de fraternité. Et avec notre Québec, confions-lui aussi tous les peuples du monde qui cherchent leur chemin dans l’incertitude, les tensions et parfois la violence. Que Marie nous conduise toujours vers son Fils, Prince de la Paix.
Le Rosaire n’est donc pas une fuite hors du monde. C’est une manière de regarder notre monde avec les yeux de Marie et de le conduire vers le Christ.
En cette fête, demandons simplement à Marie de nous prendre par la main et de nous redire, comme à l’Ange : « Qu’il m’advienne selon ta parole. » Car telle est toujours la mission de Marie : faire la volonté de Dieu, quoi qu’il en coûte.
Fr. Gustave Nsengiyumva, O.P.
PRIÈRE
Nous t’en prions, Seigneur,
de répandre ta grâce en nos cœurs ;
par le message de l’ange,
tu nous as fait connaître l’incarnation de ton Fils bien-aimé ;
conduis-nous par sa passion et par sa croix,
avec le secours de la bienheureuse Vierge Marie,
jusqu’à la gloire de la résurrection.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
lui qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.
∞ Amen.
