3 octobre 2026
Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez !
Aujourd’hui, alors que les disciples dans l’Évangile se réjouissent du pouvoir qu’ils ont sur les esprits, Pierre Atallah nous invite à « avoir les yeux de la foi », un regard qui se réjouit de voir Dieu partout et qui sait faire preuve d’humilité et de gratitude en toutes circonstances.
LIVRE DE JOB (42, 1-3.5-6.12-17)
Job s’adressa au Seigneur et dit : « Je sais que tu peux tout et que nul projet pour toi n’est impossible. Quel est celui qui déforme tes plans sans rien y connaître ? De fait, j’ai parlé, sans les comprendre, de merveilles hors de ma portée, dont je ne savais rien. C’est par ouï-dire que je te connaissais, mais maintenant mes yeux t’ont vu. C’est pourquoi je me rétracte et me repens sur la poussière et sur la cendre. »
Le Seigneur bénit la nouvelle situation de Job plus encore que l’ancienne. Job posséda quatorze mille moutons et six mille chameaux, mille paires de bœufs et mille ânesses. Il eut encore sept fils et trois filles. Il nomma la première Colombe, la deuxième Fleur-de-Laurier, et la troisième Ombre-du-regard. On ne trouvait pas dans tout le pays de femmes aussi belles que les filles de Job. Leur père leur donna une part d’héritage avec leurs frères.
Après cela, Job vécut encore cent quarante ans, et il vit ses fils et les fils de ses fils : quatre générations. Et Job mourut âgé, rassasié de jours.
ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT LUC (10, 17-24)
En ce temps-là, les 72 disciples que Jésus avait envoyés revinrent tout joyeux, en disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom. »
Jésus leur dit : « Je regardais Satan tomber du ciel comme l’éclair. Voici que je vous ai donné le pouvoir d’écraser serpents et scorpions, et sur toute la puissance de l’Ennemi : absolument rien ne pourra vous nuire. Toutefois, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. »
À l’heure même, Jésus exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint, et il dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père. Personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père ; et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. » Puis il se tourna vers ses disciples et leur dit en particulier : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! Car, je vous le déclare : beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous-mêmes voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. »
Prédication
Dans l’Évangile d’aujourd’hui, les disciples reviennent tout joyeux de leur mission. Ils racontent à Jésus tout ce qu’ils ont vécu et tout ce qu’ils ont accompli en son nom. Jésus accueille leur joie, mais il leur rappelle quelque chose d’essentiel : « Ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis ; réjouissez-vous plutôt de ce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. »
Autrement dit, notre véritable joie ne doit pas dépendre seulement de nos réussites, de ce que nous accomplissons ou de la reconnaissance des autres. Notre plus grande joie est de savoir que nous sommes connus, aimés et accueillis par Dieu. Dans ce moment de joie, Jésus se tourne vers le Père et lui adresse une prière de louange : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange. »
Jésus nous montre ainsi que, devant les merveilles de Dieu, notre première attitude doit être de rendre grâce. Il ne garde pas sa joie pour lui-même : il la transforme en prière. Il nous apprend aussi à devenir comme des petits devant le Père, c’est-à-dire à accueillir avec simplicité, confiance et émerveillement ce que Dieu nous donne.
Puis Jésus se tourne vers ses disciples et leur dit : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! » Ces paroles nous invitent à nous demander : qu’est-ce que nous voyons dans notre vie ? Parfois, nous voyons surtout les problèmes, les échecs, les difficultés, ce qui nous manque ou ce qui ne va pas. Et à force de regarder seulement cela, nous oublions de voir toutes les grâces que Dieu nous donne chaque jour.
Pourtant, il y a tant de choses à voir : un sourire, une personne qui nous aide, une famille qui nous aime, une parole qui nous réconforte, la possibilité de recommencer, le pardon que nous recevons, l’Eucharistie que nous célébrons.
Avoir les yeux de la foi, c’est apprendre à voir la présence de Dieu dans les petites choses de chaque jour. Nous pouvons avoir les yeux ouverts et pourtant ne pas vraiment voir. Jésus nous demande d’avoir des yeux qui voient et un cœur qui reconnaît.
Alors, frères et sœurs, demandons au Seigneur de nous donner des yeux capables de voir et un cœur capable de rendre grâce. Que dans les moments de joie, nous sachions reconnaître les dons de Dieu et ne pas oublier de lui dire merci. Que dans les moments difficiles, nous ne regardions pas seulement ce qui nous fait souffrir, mais que nous sachions chercher les petits signes de sa présence. Et que dans notre vie quotidienne, nous sachions aussi voir ceux qui ont besoin de notre présence, de notre écoute, de notre aide et de notre amour. Car voir avec les yeux de la foi, ce n’est pas seulement reconnaître les merveilles de Dieu : c’est aussi devenir nous-mêmes un signe de sa présence pour les autres.
Demandons donc au Seigneur : « Seigneur, ouvre mes yeux pour que je voie tes merveilles, ouvre mon cœur pour que je rende grâce, et donne-moi la force de servir avec amour ceux que tu places sur mon chemin. » Alors, nous pourrons vraiment entendre cette parole de Jésus : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! » Amen.
Pierre Atallah
PRIÈRE
Dieu éternel et tout-puissant,
dans ta bienveillance,
dirige nos actions,
afin qu’au nom de ton Fils bien-aimé,
nous portions des fruits en abondance.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
lui qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.
∞ Amen.
