Prédication, Jeudi dans l’octave de Pâques A

9 avril 2026

Il est là, bien vivant !

Dans la joie de l’Octave de Pâques, en ce jeudi, le frère Raymond Latour, O.P., partage avec nous l’émerveillement de la présence du Ressuscité à l’époque auprès des disciples et aujourd’hui au milieu de nous.

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Prédication

La Résurrection de Jésus ne s’impose pas comme une évidence. Pourtant, le récit que nous venons d’entendre s’efforce de présenter une apparition du Ressuscité dans un contexte d’extrême banalité. Jésus est là. Bien vivant. En chair et en os. Il partage un repas avec ses disciples et leur rappelle ses propres paroles, manière d’établir une continuité entre l’avant, alors qu’il était encore parmi eux, et le moment présent. Comme si la mort en croix n’était pas intervenue. Ce que les disciples ont sous les yeux, ce n’est pas seulement la personne de Jésus maintenant Ressuscité, mais l’accomplissement des Écritures. Comme il l’avait annoncé.

Jésus s’attache à démontrer aux disciples la réalité de sa présence. Il leur offre quelques lieux de vérification. D’abord, son corps, qu’il désigne par ses mains et ses pieds, ce qui peut paraître étrange. Normalement, c’est le visage qui sert à identifier la personne. Déjà, un petit soupçon s’éveille : peut-être Jésus, comme dans d’autres apparitions, n’était-il pas reconnaissable par son visage. Ce qui lui importe ici, c’est d’affirmer que, contrairement à la perception spontanée des disciples, il n’est pas un fantôme, un « esprit ». Quand même étonnante cette insistance sur « ses mains », « ses pieds ». Comme si cela n’était pas encore assez convaincant, Jésus affirme : « c’est bien moi ! ». Le repas partagé et le souvenir des paroles de Jésus ont achevé de persuader les disciples qu’ils étaient bel et bien en présence de Jésus. Le même… non, il y a trop d’indices pour ne pas déceler un décalage entre cette personne qu’ils ont devant eux et celui qui a marché avec eux sur les routes de Galilée, celui qu’ils ont vu de leurs yeux pendu à une croix.

Le même, mais différent. Entre l’avant et l’après, de quelle continuité s’agit-il ? Celle dont nous vivons aujourd’hui et qui tient dans la parole et le partage du pain. Dans l’ordre inverse de l’épisode d’Emmaüs, Jésus propose aux disciples de casser la croute avec eux, puis il y va d’une catéchèse pour leur ouvrir l’intelligence au mystère qui les confond. Il leur rappelle alors les paroles qu’il avait lui-même prononcées ainsi que le témoignage de l’Écriture.

C’est l’intelligence de la foi qui nous fait aussi discerner dans les événements de nos vies un avant et un après, une intervention du Ressuscité. Pierre et Jean nous en ont offert un témoignage dans la première lecture. Celui qui ne pouvait marcher en est maintenant capable. Toute la mission de Pierre et Jean consistera à tourner les regards de la foule vers la puissance transformatrice de la Résurrection.

L’apparition du Ressuscité a rassuré les disciples. La communion avec Jésus persiste au-delà de sa mort en croix. Rien, aucune puissance, ne peut s’y opposer. Il est là devant eux, présence offerte, comme pour nous, aujourd’hui qui, dans notre eucharistie, accueillons le Corps du Christ.

Fr. Raymond Latour, O.P.

 

PRIÈRE

Seigneur Dieu,
tu as uni des peuples divers dans la confession de ton nom ;
accorde à ceux qui renaissent à la fontaine baptismale
d’avoir au cœur la même foi
et dans leurs actes le même amour.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.