2 février 2026
Vivons donc nos vies sans peur
En cette Fête de la Présentation de Jésus au Temple, le frère Guy Rivard, O.P., nous invite à nous identifier à Syméon et à être rassurés puisque la mort ne pourra jamais nous enlever ce que nous avons de plus précieux : notre découverte du Christ dans nos vies.
LETTRE AUX HÉBREUX (2, 14-18)
Puisque les enfants des hommes ont en commun le sang et la chair, Jésus a partagé, lui aussi, pareille condition : ainsi, par sa mort, il a pu réduire à l’impuissance celui qui possédait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable, et il a rendu libres tous ceux qui, par crainte de la mort, passaient toute leur vie dans une situation d’esclaves. Car ceux qu’il prend en charge, ce ne sont pas les anges, c’est la descendance d’Abraham.
Il lui fallait donc se rendre en tout semblable à ses frères, pour devenir un grand prêtre miséricordieux et digne de foi pour les relations avec Dieu, afin d’enlever les péchés du peuple. Et parce qu’il a souffert jusqu’au bout l’épreuve de sa Passion, il est capable de porter secours à ceux qui subissent une épreuve.
ÉVANGILE DE JÉSUS CHRIST SELON SAINT LUC (2, 22-40)
Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes.
Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple.
Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait, Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant :
« Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël ».
Le père et la mère de l’enfant s’étonnent de ce qui était dit de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »
Il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très avancée en âge ; après sept ans de mariage, demeurée veuve, elle était arrivée à l’âge de 84 ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.
Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.
L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.
Prédication
« Maintenant, ô maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. » (Lc 2, 29-32)
Chers jeunes qui fréquentez le CéDum, ça me renverse de penser que ce que Siméon dit de lui-même lors de la présentation de l’enfant Jésus au temple, cela est vrai de chacun, chacune de nous en tant que croyants, croyantes. N’avons-nous pas vu, nous aussi, avec les yeux de la foi, le Christ, le Messie du Seigneur, la lumière qui se révèle aux nations ? Ça me renverse de penser que nous pourrions partir demain, et que ce ne serait pas si grave, puisque nous avons reçu le meilleur de ce que cette vie peut offrir, à savoir, la connaissance de Jésus, lumière des nations, « puissance de salut, astre d’en-haut, qui illumine ceux qui demeurent dans les ténèbres et l’ombre de la mort, afin de guider nos pas dans le chemin de la paix. » (Cf. Lc 1, 69.78-79)
Bien sûr, nous ne sommes pas pressés à partir personne, notre tâche sur cette terre n’est pas achevée, surtout pas la vôtre. Mais ne demeure-t-il pas vrai qu’à la limite, nous pourrions partir si les circonstances nous y obligeaient, avec une certaine sérénité puisqu’après tout, nous avons déjà acquis l’essentiel.
Cela fait un peu écho à ce que dit de Jésus la lettre aux Hébreux dans le passage qui est la première lecture de la messe de ce jour : « Il a rendu libres tous ceux qui, par crainte de la mort, passaient toute leur vie dans une situation d’esclaves. » (He 2,17)
Vivons donc nos vies sans peur, et lorsque l’heure en sera venue, accueillons la mort sans peur, puisque dans la connaissance du Christ et de son évangile, nous vivons déjà de la vie éternelle.
À tous et à toutes, bonne fête de la Présentation du Seigneur au Temple.
Fr. Guy Rivard, O.P.
PRIÈRE
Accorde-nous, Seigneur notre Dieu,
de pouvoir t’adorer de tout notre esprit,
et d’avoir envers tous une vraie charité.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.
∞ Amen.
