Prédication, 3e mardi du temps de l’Avent

16 décembre 2025

La relation idéale

Aujourd’hui, le frère Hervé Tremblay, O.P., nous invite à nous rappeler que toute relation saine, y compris celle que nous entretenons avec Dieu, requiert de l’humilité, de l’écoute et de la cohérence.

Prédication

Lorsqu’on lit les paraboles de l’évangile, on est parfois surpris des différentes « possibilités » ou des différents scénarios évoqués par Jésus. Il nous semble que d’autres possibilités seraient plus naturelles.

Dans la parabole des deux fils d’aujourd’hui, cela se voit facilement. Le premier des deux fils dit « oui » mais ne va pas travailler à la vigne de son père, tandis que le second dit « non » mais y va. Il y a quelque chose qui ne marche pas bien ici, se dit-on. N’aurait-il pas été plus naturel ou évident que l’un dise « non » et n’y aille pas et que l’autre dise « oui » et y aille ? C’est ce que feraient la plupart des humains dans de telles circonstances.

C’est comme si une relation simple et naturelle et directe ne faisait pas partie de la perspective, comme si les humains avaient toujours quelque chose qui complique la relation et ne lui permet pas d’être saine. « Le cœur humain est compliqué et malade, qui peut le connaître ? » se disait le prophète Jérémie (Jr 17,9).

Évidemment, ici, la relation idéale entre le croyant et le Seigneur est celle où le croyant répond « oui » aux appels du Seigneur et effectivement y travaille ou les accomplit. On pourrait dire qu’il s’agit d’être un croyant conséquent ou cohérent qui fait ce qu’il dit et qui dit ce qu’il fait. Aucune interférence entre la parole et l’action.

Encore une fois, le Seigneur semble se contenter de peu… Il se montre plutôt pragmatique. Pour lui, faire ce qui est demandé, c’est suffisant, même si on n’en avait pas beaucoup envie. Peut-être espère-t-il que la tête va suivre et que les idées vont finir par s’aligner sur l’action.

Pour reprendre les mots du prophète Sophonie de la première lecture, il faut écouter avec humilité. C’est ce qu’il dit au sujet de Jérusalem : « Elle n’a écouté personne et n’a pas accepté de correction. Elle n’a pas fait confiance au Seigneur ; elle ne s’est pas approchée de Dieu ». Puis le prophète passe au « discours pur » et plus de honte « pour ses actions ». Le Seigneur promet donc de rendre cohérent la parole et l’action, donc d’unifier une personne. C’est là un point majeur des pères spirituels et monastiques. Si l’idéal du sage était mens sana in corpore sano, celui du chrétien serait plutôt mens sancta in corpore sancto !

C’est donc l’action de la grâce qui va produire des croyants unifiés dans leurs paroles et leurs actions. Des croyants humbles et à l’écoute.

Fr. Hervé Tremblay, O.P.

 

PRIÈRE

Seigneur Dieu,
tu as fait de nous une créature nouvelle dans ton Fils unique,
regarde avec bonté les œuvres de ta miséricorde,
et lors de la venue de ton Fils,
purifie-nous de la dégradation des péchés.
Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur,
qui vit et règne avec toi,
dans l’unité du Saint-Esprit,
Dieu, pour les siècles des siècles.

∞ Amen.